LES ÉTUDIANTS DE LA COVID - Fondation Hôpital Charles-LeMoyne

LES ÉTUDIANTS DE LA COVID

Dr Jacques-Philippe Faucher,
Directeur de l’enseignement et des affaires universitaires – CISSS de la Montérégie-Centre

Depuis bientôt 30 ans, l’Hôpital Charles-Le Moyne est affilié au monde universitaire. Chaque année, nos superviseurs cliniques forment, au sein même de l’Hôpital, plus de 5 400 étudiants issus des domaines de la santé, des services sociaux et administratifs. Dans le contexte actuel, que deviendront ces étudiants qui auront vécu la COVID durant leur formation? Qu’en retireront-ils? Et qu’en sera le résultat à long terme sur notre façon de traiter?

UN ENSEIGNEMENT EN MUTATION
La crise nous oblige, nous les professeurs en médecine, à revoir nos façons d’enseigner. En raison des mesures de prévention et d’hygiène en place, nous avons dû changer notre méthode d’enseignement au chevet des patients. Exception faite des résidents et des infirmières en fin de parcours académique, les étudiants ne vont pas en zone jaune et rouge pour deux raisons : ne pas les exposer alors qu’ils n’ont pas encore acquis tous les réflexes de prévention nécessaires et également par souci d’utilisation des équipements de protection qui sont limités.

Les étudiants plus juniors sont informés de tout ce qui se passe avec les patients COVID lors des discussions de cas, mais n’en sont pas les traitants. Le coronavirus les aura mis en contact avec une pandémie, ce qui n’est pas fréquent dans le parcours d’un médecin. On peut dire qu’ils l’auront vécue!

Afin de bonifier la baisse des contacts directs avec les patients, nous planifions utiliser les laboratoires de simulation clinique qui devraient ouvrir dans les prochains jours. Ce changement est des plus stimulants pour les professeurs! Jusqu’à maintenant, nous étions dépendants des cas rencontrés durant les stages. Avec ce nouvel enseignement virtuel, nous pouvons atteindre les objectifs d’apprentissage pour chaque formation.

Ces nouvelles méthodes pédagogiques qui incluent le téléenseignement et la télésupervision nous ont propulsés vers ce que nous souhaitons organiser depuis des années : la téléconsultation.

UNE MÉDECINE CENTRÉE SUR LE PATIENT
Avec l’accès à l’Hôpital priorisé pour les cas plus sévères, nous nous sommes tournés vers la téléconsultation pour permettre de suivre nos patients sans les exposer à des risques inutiles. La médecine devient donc centrée sur le besoin du patient plutôt que d’être axée sur l’Hôpital. En offrant une consultation virtuelle, le soignant peut déterminer s’il est nécessaire ou non de faire se déplacer le patient à l’Hôpital. Avec cette nouvelle façon de faire, il est permis de rêver la fin des attentes souvent trop longues à l’Hôpital!

L’utilisation des technologies virtuelles nous permettra, aujourd’hui et encore davantage dans le futur, de mieux répondre aux besoins de notre population et devient un outil fort intéressant dans la formation de nos soignants.

Nous en sommes au tout début de cette médecine virtuelle, mais l’expérience est ô combien prometteuse! Vous devinez bien, chers partenaires, que la Fondation qui est déjà partie prenante de ces projets technologiques, le sera encore davantage dans les mois et les années à venir! Ainsi, en tant que médecin, mais également en tant que formateur de la relève, il me fait chaud au cœur de savoir que vous nous accompagnez dans cette aventure qui met notre patient au cœur des priorités!